Le tabac et l’adolescence

Semblable à un rituel, les jeunes fument pour faire comme leurs aînés et leur ressembler. Il existe aussi cette envie de transgresser les règles imposées et cette volonté d’évoluer vers l’autonomie. Il a été démontré que les trois quarts, ayant commencé à l’adolescence, vont garder leurs habitudes de la cigarette jusqu’à l’âge adulte.

D’une part, comme l’affirme si bien David Kessler, ancien dirigeant de la Food and Drug Administration aux Etats-Unis, le tabagisme est une « épidémie pédiatrique ». D’autre part, les jeunes sont les victimes de l’industrie du tabac.

Alors, comment leur en faire prendre conscience et les dissuader d’arrêter ?

Le tabac en France : les chiffres

Un jeune sur deux aura déjà tiré une cigarette à l’âge de 15 ans. Rien de bien réjouissant car l’adolescent est tout autant facilement influençable qu’addict (le tabac est à juste titre considéré comme un edrogue). Ainsi, 30 % de la population, comprise entre 12 et 19ans, appartiennent à la catégorie des fumeurs. En atteignant l’âge de 19 ans, ils atteindront les 19%.

Déclaré comme un phénomène de société, le tabagisme repose toutefois sur des particularités. Sa consommation varie selon les classes de la population et aussi selon les régions. Ainsi, l’OFDT (l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies) a publié un rapport en 2015 sur les jeunes de 17 ans. Il en ressort également que l’Ouest et le Sud de la France comportent davantage de fumeurs que dans les autres 22 régions.

Le tabac en Europe : les chiffres

L’Espad (European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs) a mis 96043 lycéens de 15 à 16 ans en observation, venant de 36 pays de la CE. En 2015, leur mode de consommation a été mis en relief.

Basé sur ces chiffres de 2015, un fait pas si étonnant que cela a été souligné : 54 % des garçons et des filles n’ont jamais fumé. Seuls 21 % d’entre eux avouent en avoir touché une. D’autant plus que l’Espad estime ce chiffre en baisse par rapport à 2011.

Arrivés à l’âge de 15-16 ans, 44 % de filles et 47 % de garçons ont déjà touché au tabac.

La Bulgarie, l’Italie, la Croatie ainsi que la Roumanie détiennent le record d’ados fumeurs. Tandis que l’Islande, l’Albanie, la Norvège et la Moldavie affirment que 5% de leurs jeunes fument tous les jours.

Le tabac chez les jeunes : un phénomène addictif de société

Quels sont les risques qu’un ado reste accro à la cigarette ? A partir de 10 cigarettes par jour, on peut affirmer qu’ils resteront dépendants quasiment toute leur vie. Ce chiffre, ils sont désormais plus de 30 % à le partager lors de leur entrée au lycée.

Malheureusement, la plupart ne se rendent pas compte d’être la cible privilégiée des cigarettiers. Ils ne savent sûrement pas non plus que des produits ont été intentionnellement rajoutés par ces derniers, afin de renforcer leur addiction. Avec un usage coutumier, la toxicité du tabac ne se ressent qu’à long terme. Hélas ! Quand ils s’en rendent compte, il est déjà trop tard : 75 % des jeunes de 15 à 19 ans n’arrivent plus à décrocher.

La campagne de sensibilisation destinée aux ados

Les conséquences du tabac sont dangereuses, puisque, rappelons-le, elles touchent autant le système psychologique que le plan physique. Les substances narcotiques et addictives entraînent un changement de comportement allant jusqu’à l’agressivité en plus d’altérer la vigilance.

La génération Z, comme on l’appelle si bien, possède ses propres codes et ses propres valeurs. La petite phrase, sensée être dissuasive, des paquets de cigarettes « Fumer tue » ne les touche pas plus que cela.

Très bien ciblée, la campagne de l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) a été dénommée « Libre ou pas ». Très finement imaginé, le scénario du spot avait comme fil directeur ce slogan qui a fait mouche : « Quand on est libre, pourquoi choisir d’être dépendant ? ».

La dépendance est un sujet préoccupant. Il est important que le sujet n’affecte pas les relations parents enfants basées sur la confiance et le dialogue. Au-delà de cette prise de conscience, un programme de prise en charge médicalisé et de travail sur soi devra, si nécessaire, être instauré.